C’est quoi s’aimer ?

Par Olivier CLERCPublié le 17 mars 20180

S’aimer… Tellement important, et pourtant tellement difficile pour bon nombre d’entre nous !

D’ailleurs : ça veut dire quoi, au fond, s’aimer ?

Le premier réflexe, pour tenter une définition, c’est de la chercher au positif : s’aimer, c’est s’accepter tel qu’on est, avec ses qualités et ses vulnérabilités ; s’aimer, c’est faire preuve d’indulgence, de compréhension et d’empathie envers soi, c’est être son meilleur pote, sa meilleure copine.

jeune femme très souriante - momentum

Une autre façon d’aborder la question, que je trouve toujours très efficace, consiste à la prendre par l’autre bout et à s’intéresser à tout ce qui fait obstacle à l’amour de soi. Pourquoi l’on ne s’aime pas ? Qu’est-ce qui nous empêche de nous aimer ? Identifier et éliminer ces obstacles devient alors un moyen très efficace d’apprendre à mieux s’aimer.
Le plus gros obstacle à l’amour de soi, c’est ce juge tyrannique que chacun de nous porte en soi et qui ne cesse de nous accabler de reproches, de nous imposer des exigences impossibles, de nous comparer désavantageusement aux autres, de nous inciter à nous condamner sans pitié, à nous punir et nous autoflageller. Ces jugements sont un véritable poison. Ils ne nous aident pas à grandir et à nous améliorer : ils nous plombent. Nous pouvons nous en libérer, tout en conservant notre discernement.

jeune femme au pull orange dansant dans un champs - momentum

Le jugement a toujours une composante émotionnelle : on se déteste, on s’en veut ou on s’apitoie sur soi. Le discernement, lui, est purement factuel : j’observe les choses, sans y mettre d’affect, pour pouvoir ensuite faire les changements que je souhaite. Pas besoin de se mépriser ou se haïr pour s’améliorer : c’est même tout le contraire ! On évolue dans la joie, dans la confiance.
Votre juge intérieur est la résultante des jugements que les autres ont portés sur vous depuis l’enfance, et que vous avez intégrés inconsciemment. Il n’a que le pouvoir et la légitimité que vous lui donnez… et que vous pouvez donc lui retirer en conscience. Quand sa voix se manifeste en vous, regardez-le droit dans les yeux et dites-lui : « Mais pour qui te prends-tu ? De quel droit me juges-tu ainsi ? » Voyez avec quel orgueil il se place au-dessus des lois humaines (qui ne vous ont pas condamné-e) et naturelles (vous êtes bien vivante-e, donc la vie vous soutient).
À mon propre juge intérieur, j’ai donné l’apparence des deux vieux du Muppets’Show, qui critiquent tout, tout le temps, depuis leur loge surplombant la scène. Un symbole éloquent de cet ego arrogant qui nous assassine intérieurement depuis sa tour d’ivoire ! Oh, ils ne vont pas se taire de si tôt, ces deux-là… mais on peut arrêter de croire ce qu’ils nous racontent. Laissez-les radoter dans leur coin ! Progressivement, leurs jugements vous glisseront dessus, comme l’eau sur les plumes d’un canard.

Non, merci ! Je préfère porter sur moi un regard plus lumineux et cultiver envers moi-même des sentiments plus chaleureux.

S’aimer, c’est commencer par arrêter de se juger impitoyablement, arrêter de cultiver la haine de soi, de se mépriser et de s’accabler de reproches. C’est rendre à César ce qui est à César : rendre ces jugements à ceux qui les ont formulés les premiers contre nous autrefois, sans méchanceté et sans rancune, mais en disant « Non, merci ! Je préfère porter sur moi un regard plus lumineux et cultiver envers moi-même des sentiments plus chaleureux ». Les arbres et les fleurs grandissent sous la lumière et la chaleur du soleil, pas dans le froid et dans l’obscurité. Les humains aussi !

Pour aller plus loin

  • J’arrête de (me) juger.
  • Olivier Clerc
  • Editions Eyrolles, 2014.
  • 11,90 €