Changez de ceinture :
devenez expert en Arts Vénusiens !

Par Olivier CLERCPublié le 3 juin 20180

Les arts martiaux – Mars, dieu de la guerre – tout le monde connaît : karaté, judo, kendo, taekwondo, grimpéorido (celui-là est réservé aux chats !). Objectif : apprendre à se défendre, à parer d’éventuelles agressions physiques, tout en développant une certaine maîtrise de soi. Dans la réalité, fort heureusement, rares sont ceux d’entre nous qui sont confrontés à de réelles agressions dans la rue …et plus rares encore ceux qui le sont et qui parviennent à s’en protéger à coup de karaté ou de prises de judo. 

femme avec gants de boxe donnant un coup - momentum

En revanche, nous subissons très régulièrement – parfois quotidiennement – des agressions verbales, émotionnelles, relationnelles : au bureau, en famille, un peu partout où nous sommes en contact avec nos semblables. Une remarque blessante d’une voisine, un proche qui pique une colère contre nous, des jeux de pouvoir au bureau : le choix est large !

Comment s’en protéger ? Les arts martiaux ne nous sont guère utiles dans ces situations, sauf à vouloir réduire son agresseur verbal en purée… Résultat : la plupart du temps nous les subissons passivement ou nous ripostons sur le même registre… quitte à se sentir encore plus mal après coup. 

Vénus et Mars… et leurs arts respectifs

Il y a pourtant un autre éventail de techniques qui peut nous être d’un grand secours dans ces cas-là. Je les appelle les « Arts Vénusiens ». Vénus, déesse de l’amour (à ne pas confondre avec Éros, qui a d’autres arts à lui !). Les Arts Vénusiens, ce sont l’empathie, la bonté, l’écoute bienveillante, la gentillesse, la gratitude, le pardon, l’amour, etc. Ce sont les arts du cœur. Leur pratique nous aide à complètement transformer nos relations quotidiennes. Ils protègent notre cœur et le renforcent. 

Comme les arts martiaux, les Arts Vénusiens s’apprennent. C’est important de le dire, parce que certains s’imaginent que ce qui relève du cœur ne s’enseigne pas, sous prétexte que « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas » (dixit B. Pascal). Certes, le cœur n’obéit pas à la raison… et c’est tant mieux. Mais comme le mental et le corps, il peut aussi s’entraîner, se développer, s’améliorer. Nul n’est condamné à rester toute sa vie un handicapé relationnel et émotionnel, sous prétexte qu’il a grandi dans un milieu familial atrophié du cœur (carence que l’école ne compense pas).  Il n’est jamais trop tard pour développer ces facultés-là !

Changer de cœur pour changer de vie, c’est possible : en y mettant du (bon) temps !

Faire son choix et pratiquer 

Vous voulez cultiver l’empathie ? 

Développer une autre qualité d’écoute, être capable d’entendre les sentiments et émotions de vos interlocuteurs, et pas seulement leurs mots (souvent excessifs sous le coup d’une émotion) ? Et si vous vous formiez à la communication non-violente (CNV), par exemple ? Je dis toujours que la CNV, que j’ai eu la chance d’apprendre avec Marshall Rosenberg himself, m’a doté d’une nouvelle paire d’oreilles, grâce à laquelle je me suis mis à entendre le cœur des autres, et plus seulement leur tête. 

Vous voulez développer la gratitude, l’amour et le pardon ? 

Vous pouvez suivre un atelier d’Ho’oponopono, par exemple, la méthode hawaïenne qui enseigne comment travailler avec la quadruple formule : « Je suis désolée. Je te demande pardon. Merci. Je t’aime. » Ou vous pouvez suivre un atelier-rituel de Don du Pardon, dérivé de l’enseignement de don Miguel Ruiz. Le pardon est la guérison des blessures du cœur : c’est une étape incontournable pour ne pas vivre avec un cœur meurtri, enkysté, qui déteint sur nos pensées et notre santé. 

Vous voulez aller plus loin ? 

Prêt à explorer un autre Art Vénusien étonnant ? 

Et si vous testiez le Simple Art de Bénir de Pierre Pradervand ? Pas besoin d’adhérer à une religion pour cela. La bénédiction (bene-dicere : dire du bien), c’est simplement le contraire de la malédiction (dire du mal). C’est avoir pour chaque personne qu’on croise – dans la rue, à la poste, dans un embouteillage ou le métro – une pensée ou un sentiment positif : lui souhaiter silencieusement le meilleur. C’est apprivoiser son cœur pour qu’il se répande en bénédictions, plutôt que de le laisser s’allier à notre mental pour déverser des jugements sur tout et tout le monde. 

femme au bras tatoué offrant une rose blanche - momentum

Le cœur, clé du changement de vie

Changer le cœur humain, changer la manière dont fonctionne votre cœur à vous au quotidien, c’est l’une des clés essentielles pour « changer de vie ». Le cœur, c’est la courroie de transmission entre la tête et le corps. L’amour, c’est comme l’eau entre le ciel et la terre, dont le cycle est indispensable à toute vie. Faites recirculer l’eau du cœur et vous verrez vos pensées se transformer pour le meilleur et votre corps aussi ! Voilà ce que peut apporter la pratique des Arts Vénusiens.

Attention, toutefois ! 

Est-ce qu’on devient judoka ou karatéka en un week-end ? Ou en  une retraite d’une semaine ?…  Non. On suit en général deux entraînements par semaine, et il faut dans les trois ans pour être ceinture verte, cinq ans pour être ceinture bleue, et dix ans ou plus pour être ceinture noire, voire premier ou deuxième Dan. 

Eh bien c’est pareil pour les Arts Vénusiens. Consacrez-y le même temps chaque semaine, avec la même régularité. Pratiquez régulièrement vos « katas » d’empathie, de bonté ou d’écoute bienveillante. Et vous obtiendrez les mêmes résultats. Un jour, vous vous retrouverez ceinture verte de compassion, ceinture bleue d’amour ou troisième Dan de gentillesse ! Sérieux. Ça marche pareil. Et vous vous surprendrez à pouvoir affronter toutes sortes d’agressions verbales ou émotionnelles sans qu’elles vous blessent. 

La clé, c’est d’inscrire le développement de votre cœur dans la durée, comme on le fait pour l’apprentissage du piano, de la poterie ou de la gym artistique. Rien de valable et de durable ne se fait du jour au lendemain. Les tenants d’une certaine forme de nouille-age à l’américaine qui prétendent le contraire sont des (boni)menteurs. Alors, faites plutôt du temps votre allié, et vous ne manquerez pas d’en voir les résultats. 

Changer de cœur pour changer de vie, c’est possible : en y mettant du (bon) temps !