Croyez-vous vraiment
que l’on puisse changer ?

Par Guillaume ANDREUXPublié le 6 février 20180

Si vous lisez ces mots, c’est que, comme moi, cette question vous intéresse. Peut-être une part de vous est sceptique et se dit « Chassez le naturel et il revient au galop. !». Ou bien vous avez envie d’y croire et vous rejoignez Gandhi qui suggérait « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ! ». Ou encore, vous y croyez fermement et vous adhérez à la pensée du philosophe grec Héraclite d’Ephèse « Rien n’est permanent, sauf le changement. ».

Et l’évolution de ma vie en est la preuve !

Personnellement, cette question m’a toujours travaillé et il y a 20 ans, c’est moi qui ai décidé de la travailler, avant de finir par en faire mon métier. Mon parcours m’a fait ainsi découvrir des connaissances et stratégies passionnantes et déterminantes, qui peuvent, vous aussi, vous aider à transformer ce que vous souhaitez dans votre vie.

Aujourd’hui, même si cela n’a pas toujours été le cas, je fais partie de la troisième catégorie citée ci-dessus. Je peux affirmer : « J’ai changé. ». Alors quand je dis « J’ai changé. », je n’ai pas « complètement » changé en fait. Il y a encore des parts de moi d’origine à l’intérieur ! Toutefois, j’ai fait quelques petites mises à jour, de façon à pouvoir transformer certains paramètres dans ma vie.

Avant, je me disais souvent : « J’aimerais que ça change ! ». Comme vous peut-être ? J’étais chez moi, je lisais des tas de bouquins sur le développement personnel et j’avais envie de faire des choses différentes dans ma vie, de pouvoir m’épanouir, révéler mon potentiel, prouver au monde de quoi j’étais capable, être reconnu pour l’être exceptionnel que je pouvais être… Mais c’était compliqué. Il y avait ces trop nombreux moments où je sentais que je n’arrivais pas vraiment à passer à l’action. Pourtant, tous ces livres que je dévorais, ces vidéos que je regardais me stimulaient, me faisaient monter la pression positivement. Des personnes m’inspiraient, me mettaient une grosse patate au point où j’en parlais à tout le monde et annonçais : « Je vais faire ceci, je vais faire cela… Regardez-moi ! Je suis cap… Je vais impacter le monde ! ». Et bizarrement, quelques minutes plus tard, je me retrouvais sur mon canapé, à zapper devant la télé, mon derrière confortablement ré-installé dans ma zone de confort, à me trouver mille excuses ! Je me demandais toujours comment je faisais pour passer de cet état-là -le gars surmotivé- à l’autre, celui du procrastinateur apathique. La phrase « Chassez le naturel, il revient au galop. » résonnait inlassablement dans ma tête et renforçait ma croyance que l’on ne peut pas vraiment changer, Soi ou les choses. Ce phénomène s’explique de la façon suivante : tout ce qui nous inspire de l’extérieur finit par arriver à expiration à l’intérieur de soi…

En ce qui me concerne, j’avais vraiment beaucoup de mal à me mettre en avant, à me valoriser aux yeux des autres. J’étais quelqu’un de plutôt timide, introverti, complexé et être mis en lumière était compliqué pour moi. Aujourd’hui, cela ne se remarque peut-être plus, lorsque je parle en public. Pourtant, en conférence ou dans ce genre de situations, à l’intérieur, une part de moi plus ancienne est en train de me crier : « Mais qu’est-ce que tu fous là ? Qu’est-ce que tu fais à parler devant 200 personnes sur cette scène ? Tire-toi ! ». Cette part me parle plusieurs jours avant une intervention importante. Il arrive même un moment où je m’interroge : « Est-ce que je vais y aller ? ». Comme pour l’école le jour d’un contrôle, je me demande si je ne peux pas trouver une bonne excuse pour éviter ça, et enfin évacuer cette pression ! Parce que je sens, là-dedans, dans les tripes, que ça remue et que ça brasse ! L’anxiété, la sensation que ça se dérobe dans le ventre et les jambes… Il suffit que je pense à mon intervention pour que j’aie toute l’énergie qui retombe. Je me demande pourquoi j’ai ce trac, puisque paradoxalement, je pratique régulièrement du coaching de groupe, de la cohésion d’équipe, j’anime des formations. Toutefois, ce sont des interventions que j’organise moi-même, ou je fais les choses à ma sauce et auxquelles je me suis habitué avec le temps. Le challenge est d’accepter le nouveau avec sa part d’incertitude et d’insécurité, quitter la zone de confort pour atteindre la zone de magie qui arrive souvent comme un soulagement, une récompense après avoir agi. A contrario, on passe souvent beaucoup de temps à se projeter et anticiper négativement, on fait des hypothèses en imaginant le scénario catastrophe. Cette part de nous pense bien faire, avec l’intention positive de nous protéger d’un hypothétique danger ou échec.

L’Unité INSERM 862 du Neurocentre Magendie, à Bordeaux, et plusieurs équipes suisses et allemandes, ont identifié des circuits neuronaux inhibiteurs impliqués dans l’acquisition de la peur et la manifestation de ses réponses comportementales. Ils se situent dans une région du cerveau nommée complexe amygdalien (ou amygdale), structure composée de plusieurs noyaux, connue pour être le siège de la peur. L’amygdale est au centre du circuit cérébral de la peur. Les informations sensorielles atteignent le thalamus, une région cérébrale centrale, puis sont analysées, ou non, selon l’imminence et la gravité de la menace, par des structures corticales supérieures et par l’hippocampe, siège de la mémoire, avant d’être transmises à l’amygdale. Celle-ci engendre alors la réponse comportementale de l’organisme, via la sécrétion d’adrénaline. Tout cela est un système d’anticipation négative destiné à nous défendre, à nous protéger. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a aussi le circuit dopaminergique de la motivation, du courage et de l’envie d’agir, pour contrebalancer ce phénomène -ce qui demande toutefois de reprendre les commandes et la maitrise du véhicule et, pour cela, de savoir piloter avec son cerveau.

J‘imagine que si vous lisez encore ces lignes, c’est que cela vous parle, peut-être pour des aspects de vous-même ou des situations qui vous concernent et que vous aimeriez changer. Quand je dis changer, cela ne veut pas dire changer totalement, au point de devoir devenir quelqu’un d’autre et de ne plus se reconnaître. Il s’agit de s’améliorer, évoluer, devenir encore un petit peu mieux soi-même, connecté à ses dons et talents, oser aller au-delà des limites qui nous ont été inculquées et qui nous font être ce que l’on n’est pas vraiment.

On est nombreux à vouloir changer quelque chose, que ce soit à l’intérieur de soi, ou à l’extérieur, pour une vie meilleure. On est aussi nombreux à avoir l’art de se gâcher la vie avec des états d’âmes, des attitudes, des habitudes, des situations que l’on entretient parfois bien malgré soi. Et face à ces changements à opérer, on sent une résistance, un saboteur intérieur. On adopte une stratégie pour ne pas passer à l’action, avec des pensées et des croyances qui nous donnent des bonnes excuses comme « J’en suis pas capable. », « Ce n’est pas possible. », « Je ne le mérite pas. », « Les autres vont me critiquer. », « Ce n’est pas pour moi. », « Il ne faut pas le faire, ce n’est pas bien. »… Tout cela est lié à des phénomènes naturels identifiés et sur lesquels on peut agir.

Dans mon cas, j’ai une petite voix intérieure qui me dit : « Pourquoi changer ça maintenant ? Si tu ne le sens pas, c’est que ce n’est pas le moment. Fais-le demain, ce sera mieux. Tu n’es pas prêt… ». Parfois, je me couche le soir en me disant que, le lendemain, je changerai telle chose. Puis, je me lève le matin en me disant que c’est aujourd’hui que j’avais prévu d’essayer de changer cette chose. Et à midi, alors que je n’ai pas encore commencé, j’entends encore cette petite voix à l’intérieur qui me dit : « Laisse tomber, reste tranquille aujourd’hui, tu verras ça demain…  Va te prendre une bonne collation pour faire redescendre la pression et te récompenser un peu ! » .

On a tous vécu ça, n’est-ce pas ? L’art de se gâcher la vie, c’est avoir développé des stratégies d’excellence dans quelque chose qui ne nous convient pas. Depuis que vous êtes enfant, vous développez toutes sortes de stratégies pour survivre tant bien que mal dans les environnements et les contextes de vie dans lesquels vous évoluez. Et vous avez intégré un certain nombre de comportements, de façons de penser et de réagir, fruits d’apprentissages plus ou moins conscients ou inconscients. C’est lié à notre fonction cérébrale automatique de programmation neuro-linguiste. Certaines de ces stratégies vous servent et vous sont utiles, elles vous permettent de réussir des choses dans des domaines de votre vie. Et d’autres stratégies vous desservent et vous compliquent la vie… Comme fumer, mal manger, trop boire, trop critiquer, trop juger, trop réfléchir ou pas assez, trop agir ou pas assez, trop vous reposer ou pas assez, trop se plaindre, jouer les victimes ou les redresseurs de torts, être trop perfectionniste, maniaque… Bref, tout cela, vous avez appris à le faire au fil du temps, par expérience et en modélisant en grande partie votre entourage.

Il n’est pas inné de savoir bien utiliser son cerveau.

Alors, à ce stade croyez-vous que vous puissiez changer ce qui ne vous convient pas ? Ces choses qui vous déplaisent chez vous ? En avez-vous au moins l’envie et l’intention ? Car cela est déterminant, c’est le nerf de la guerre ou de la paix avec vous-même ! Il est très difficile de changer quelque chose, si l’on croit que ce n’est pas possible. Et même dans le cas où l’on se dit que l’on peut changer, quelque chose en nous peut chuchoter : « Oui mais ça ne va pas être facile ! Imagine que tu essaies et que tu te plantes, la honte ! ». (Au pasSage, pour bien pousser, il est important de bien se planter !).

C’est vrai que ce n’est pas forcément facile de changer, car on ne sait pas toujours par où commencer et comment s’y prendre. Et la volonté n’est pas suffisante pour déjouer toutes les résistances et dynamiques d’échec qu’il y a à l’intérieur de Soi. Il y a de multiples facteurs biologiques, physiologiques, énergétiques, psychologiques en cause, et c’est pour cela que des techniques existent pour les traiter. Toute la question est : « Comment ça marche ? » Il n’est pas inné de savoir bien utiliser son cerveau. On n’a pas eu le mode d’emploi de cette superbe bio-machine, et on n’a pas toujours eu de bons modèles autour de nous, suffisamment inspirants et pédagogues.

 

Heureusement, tout comme nos bugs, nos blocages, nos limitations, nos souffrances, nos échecs sont le fruit des programmations de notre cerveau et d’apprentissages plus ou moins conscients, et bien nos ressources, nos capacités, nos compétences, nos possibilités peuvent être activées par de nouvelles neuro-programmations et des réapprentissages, qui nous permettent d’aller de l’avant, de passer à un autre niveau de fonctionnement!

Grâce à certaines techniques que j’ai longtemps cherchées, puis étudiées, expérimentées et intégrées dans ma pratique, -comme la PNL, l’hypnose, l’EFT, l’EMDR, la méditation, certaines approches psychocorporelles utilisées en coaching génératif, en thérapies brèves- on peut efficacement agir sur les phénomènes reconnus scientifiquement de la plasticité neuronale et des changements épigénétiques qui reprogramment notre encodage ADN. Nous pouvons opérer des restructurations synaptiques, énergétiques pour dissoudre nos vieilles habitudes, élaguer nos schémas obsolètes et construire de nouvelles structures neurologiques, neuro-hormonales plus saines, adaptées et efficientes par rapport à ce que l’on désire faire et obtenir à présent. Il est possible de réaliser des mises à jour du système neuropsychologique pour retrouver nos ressources et capacités naturelles.

Les dernières recherches scientifiques, dont je vous parlerai dans un prochain article, le prouvent. Elles rejoignent et confirment ce que les Chinois, avec leurs sept mille ans d’observation, affirment dans le Yi Jing -Le livre des changements, un des textes fondateurs du Tao te Jing : « Le changement, c’est la Vie même ! ». Donc tout change, tout le temps. Pourquoi pas vous ?