Famille recomposée :
quelle aventure !
(parole de belle-mère)

Par Aline DOUCHEZPublié le 1 mars 20180

A 28 ans, j’ai rencontré mon futur mari, un père célibataire avec un enfant de 2 ans.
Je n’avais pas le projet de devenir mère et encore moins de devenir belle-mère, car ma carrière dans le commerce international comptait plus que tout. Mais voilà, certaines rencontres ne se décident pas – elles s’imposent.

petite fille embrassant sa maman sur la joue - momentum

Nicolas et sa belle frimousse d’ange s’est imposé en douceur dans les premières semaines. Heureux de me voir, souriant et joueur, il a donné suffisamment de confiance à notre couple pour nous permettre d’envisager la vie à trois.
Et puis les choses ont changé. Nicolas a été confronté à ses plus grandes peurs en ma présence.
En effet, après un accident malheureux à l’âge de 15 jours dans sa baignoire, ce petit bonhomme a été réanimé, puis confié aux services sociaux jusqu’à l’âge d’un an et demi. Nicolas n’a jamais vécu auprès de sa mère qu’il ne voit pas. Quant à son père, il s’est battu avec la Justice pour obtenir la garde de son fils et ne l’a obtenue qu’au bout d’un an et demi.

Un an et demi de câlins, de bisous, de sourires et de complicité entre Nicolas et ses parents qui n’ont pas eu lieu. Un an et demi de souffrance et de combat auprès des administrations pour faire valoir son droit légitime de père.
Et moi, je débarque comme une fleur dans leur vie sans connaître leur histoire et sans savoir que ce traumatisme allait m’impacter autant qu’eux.

Nicolas supportait de moins en moins ma présence et mon affection. Il me tapait dès qu’il le pouvait, il faisait des crises et hurlait dès que son père quittait l’appartement. J’avais une réelle tendresse pour cet enfant, alors je lui parlais ou le chatouillais en changeant sa couche, mais lui ne réagissait pas. Ce geste lui était inconnu. Il ne comprenait pas pourquoi l’étrangère que j’étais pouvait autant s’intéresser à lui.

Un jour, cette situation m’est devenue insupportable. Recevoir des coups, gérer des crises à longueur de temps devenait trop lourd pour moi. Nicolas présentait un visage mi-ange, mi-démon… parfois adorable et l’instant d’après exécrable.
Si c’est ça être une belle-mère, bonjour le cadeau ! Mais il était trop tard pour faire marche arrière, j’aimais l’enfant tout comme le père.

petit enfant pleurant avec une grosse larme - momentum

C‘est à ce moment là que nous avons consulté un pédo-psychiatre. Ces mots ont été comme une révélation. Tellement durs et tellement libérateurs.  » Accrochez-vous, ne le laissez pas tomber !  » Du fait de son histoire, Nicolas croît qu’il ne mérite pas d’être aimé. Puisque sa mère est absente, il veut vous prouver que vous devez partir vous aussi. En réalité, il vous aime, mais il pense qu’il ne le mérite pas. »

Tout ça dans la tête d’un petit bout de presque 3 ans ?
Alors, j’ai réfléchi et j’ai compris ce qui se jouait pour cet enfant persuadé de ne pas valoir l’amour d’une belle-mère. Il n’avait rien contre moi et ce n’était pas un monstre non plus. Il était en souffrance, c’est tout !

Peu de temps après, il a recommencé à me taper avec un jouet et je me suis baissée à sa hauteur. Je l’ai regardé dans les yeux et je lui ai dit : «Nicolas, je ne suis pas là pour me faire taper. Je n’ai pas envie de vivre ça avec toi. Moi je suis là pour te faire des câlins et des bisous ». Surpris par ma déclaration, il s’est mis à pleurer et s’est blotti contre moi pour me faire un câlin. Dès ce jour, il a fini de me taper. Notre relation s’est améliorée.

Accrochez-vous, ne le laissez pas tomber !

Chères belle-mères qui vivez des moments douloureux avec les enfants de votre conjoint, mettez-vous à leur place et regardez la situation autrement.
Et si ces enfants n’avaient rien contre vous personnellement mais étaient en guerre contre eux-mêmes pour ne pas vous accepter et vous accorder de l’affection. 
Et si leur peur de trahir la Mère l’emportait sur l’envie de vivre une belle histoire avec vous ?

Je crois que ces questions valent le coup de se poser. Parole de belle-mère.