Le SOI sexuel des femmes

Par Karine MAURERPublié le 1 juin 20180

Toutes les femmes sont équipées physiologiquement pour danser et créer leur plaisir sexuel. La découverte du plaisir féminin prend appui sur un désir profond de se reconnaitre et de s’autoriser à jouir pleinement de son corps et de sa vie. Tacitement, derrière ce jeu de la découverte, se cache la question de la place que la femme occupe par rapport à l’homme, mais aussi de celle qu’elle occupe dans la société.

double rose - momentum

Les  femmes ont abandonné leur sexe ! Siècle après siècle, elles l’ont confié aux hommes et ont fini par perdre le fil doré qui les reliait à leur SOI SEXUEL. Au fil du temps et des générations, les vulves et les matrices sont devenues des  déserts de conscience, un territoire inconnu confié aux mains des hommes. En leur confiant leur sexe et leur matrice, elles en ont oublié le berceau créatif de leur puissance de femme.

L’équilibre de l’être passe non seulement par la conscience qu’il a (dans) de son corps, mais aussi par celle qu’il a en  son sexe. Or, l’image que la femme possède aujourd’hui de son corps et de son sexe, est souvent voilée par les obligations culturelles, religieuses et par le regard exigeant que la société pose sur elle.

Notons comme exemple flagrant, l’émergence de la chirurgie intime chez les femmes. La « génération You Porn » a eu raison des nymphes des femmes qui, pour répondre aux dictats du sexe parfait et bien lisse des films pornos, font appel à la nymphoplastie (réduction d’une hypertrophie des petites lèvres). Cette opération peut s’avérer nécessaire lorsque l’hypertrophie est vraiment gênante, mais dans la majorité des cas, cette nymphoplastie répond à une pulsion de perfectionnisme de l’apparence du sexe. La sur-érotisation des médias amène à croire à une banalisation de la sexualité. Il s’agit en fait d’un trompe l’œil derrière lequel se cache un désert de conscience, un abandon de la réalité intérieure au profit de l’image. Un abandon de « L’ÊTRE SEXUEL » en faveur du « SEXE PARFAIT ».

porte rouillée fermée avec deux cadenas - momentum

Forts de ce constat, nous pourrions nous alarmer et crier au scandale ! Il ne sert à rien de condamner CE QUI EST, parce qu’un espace vide n’est fait que pour être rempli. La présence/absence sexuelle n’est autre qu’une pompe aspirante à la résilience consciente. L’un des aspects les plus remarquables et les plus sous-estimés de la sexualité humaine, c’est sa capacité à nous faire apprendre de nous-même. La sexualité est un art qui nous amène à développer nos fantasmes, notre créativité, nos désirs et surtout qui nous apprend à nous situer (nous-même) par rapport à l’autre. Nous savons toutes que les femmes ont tendance à se concentrer sur les besoins des autres, en excluant les leurs. Les femmes occidentales ont appris à répondre au désir et au plaisir de l’homme, mais n’ont pas appris à connecter leur propre désir. Elles répondent à l’appel, mais ont du mal à se connecter à leur  propre appel intérieur. Elles se fondent et se confondent aux pulsions libidinales masculines, s’illusionnant dans une sexualité pseudo-épanouie.

Les femmes, peu à peu, apprennent qu’elles sont les gardiennes d’une sagesse ancestrale qui se transmet de femme à femme. Mettre de la légèreté, de la joie, de la création là où elles ont été  formatées, abimées et rigidifiées depuis des millénaires, pour atteindre leur SOI SEXUEL.

femme faisant un v en levant ses bras - momentum

Certaines sont en route pour désacraliser une sexualité idéale sous cellophane, pour rugir de plaisir et contacter la Femme Sauvage. Les femmes ont besoin de reconnaitre leurs  parts sombres et les pacifier, hurler la douleur de leur ventre, se libérer des chaines des abus. Les femmes sont en marche vers une sexualité plus vraie et plus authentique. Elles savent au plus profond d’elles-mêmes, qu’une femme de plaisir n’est pas une salope, mais une femme de vie ! 

L’émergence des cercles de femmes, des tentes rouges etc… depuis une bonne quinzaine d’années témoigne de cette volonté collective que les femmes ressentent à se rencontrer entre elles, et à se réconcilier avec leur intimité profonde. Les rencontres visent à réconcilier les femmes avec leur réelle identité de femme dans laquelle le cœur, la créativité, la joie et le respect sont les maitres-mots pour atteindre cette alchimie « Inté-Graal ». 

 

En rencontrant la Femme, elles rencontrent forcément l’Homme.

La femme initiatrice est celle qui, forte de la conscience de son corps et de sa puissance, devient une invitation à la danse sacrée dans l’union sexuelle. Elle invite le ou la partenaire à quitter son FAIRE pour entrer dans l’ÊTRE. Cette danse est une alchimie de l’instant qui se crée et se renouvelle sans cesse, comme une œuvre d’art abstraite.

Nous sommes aujourd’hui  à la croisée d’un cycle respiratoire de conscience. Pour pouvoir inspirer, il faut d’abord avoir expiré… Et c’est donc après avoir expiré pendant plus de deux millénaires leur inconscience sexuelle qu’aujourd’hui les femmes sont en route vers une inspiration de conscience résiliente. Elles s’en vont à la rencontre du couple sacré.

En rencontrant la Femme, elles rencontrent forcément l’Homme.